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27/09/2013

Et si on commençait par la fin?

"Un investisseur américain se promène au bord de l'eau dans un petit village côtier mexicain. Un bateau rentre au port, contenant plusieurs thons.
L'Américain complimente le pêcheur mexicain sur la qualité de ses poissons et lui demande combien de temps il lui a fallu pour les capturer.
" Pas très longtemps ", répond le Mexicain.
" Mais alors, pourquoi n'êtes-vous pas resté en mer plus longtemps pour en attraper plus ? " demande le banquier.
Le Mexicain répond que ces quelques poissons suffiront à subvenir aux besoins de sa famille. L'Américain demande alors : " Mais que faites-vous le reste du temps ? "
" Je fais la grasse matinée, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme. Le soir, je vais au village voir mes amis. Nous buvons du vin et jouons de la guitare. J'ai une vie bien remplie."images.jpeg
L'Américain l'interrompt : " J'ai un MBA de l'université de Harvard et je peux vous aider. Vous devriez commencer par pêcher plus longtemps. Avec les bénéfices dégagés, vous pourriez acheter un plus gros bateau. Avec l'argent que vous rapporterait ce bateau, vous pourriez en acheter un deuxième et ainsi de suite jusqu'à ce que vous possédiez une flotte de chalutiers. Au lieu de vendre vos poissons à un intermédiaire, vous pourriez négocier directement avec l'usine, et même ouvrir votre propre usine. Vous pourriez alors quitter votre petit village pour Mexico City, Los Angeles, puis peut être New York, d'où vous dirigeriez toutes vos affaires. "
Le Mexicain demande alors : " Combien de temps cela prendrait-il ? "
- 15 à 20 ans, répond le banquier.
- Et après ?
- Ensuite, c'est là que ça devient intéressant, répond l'Américain en riant.
Quand le moment sera venu, vous pourrez introduire votre société en bourse et vous gagnerez des millions.

- Des millions ? Mais après ?
- Après, vous pourrez prendre votre retraite, habiter dans un petit village côtier, faire la grasse matinée, jouer avec vos enfants, pêcher un peu, faire la sieste avec votre femme, et passer vos soirées à boire et à jouer de la guitare avec vos amis."

Commentaires

Bonjour Natacha,
Magnifique histoire qui illustre la mutation de la valeur "travail" dans nos sociétés.

Voici une autre histoire de Serge Latouche dans sa postface au livre d'Albert Jacquard "Réinventons l'humanité". (Serge Latouche est professeur émérite d'économie à l'université d'Orsay. Albert jacquard est un chercheur français.)

Imaginez que je vous explique les profits qu'auraient pu faire les parents de Jésus au lieu de raconter leur vie. . Serge Latouche est professeur émérite d'économie à l'université d'Orsay. Albert jacquard est un chercheur français. Monsieur l'argentier, lisez plutôt :

Les objecteurs de croissance du Jura suisse ont renoué avec cette tradition pédagogique et proposent la fable suivante à notre sagacité : "Si le 1er janvier de l'an 1, guidés par le souci de lui assurer un avenir radieux mais néanmoins confortable, écrivent-ils dans leur bulletin, les parents de Jésus avaient déposé un franc sur son livret d'épargne, à un taux de 4%, de quel montant disposerait le Fils de l'Homme au 1er janvier 2013 ?

Saisissez vos prothèses technologiques sans lesquelles vous n'êtes plus vraiment des hommes, et élevez-moi vite fait 1.04 à la puissance 2012. Si vos bouliers sont pourvus de la notation scientifique, vous obtiendrez le mirobolant résultat suivant : 1 867 x 1 034 francs.

Sachant que, le 20 mars 2013, le kilo d'or se vendait 48 802 francs, et que la masse de la Terre est estimée à 5 977 x 1 024 kilos, Jésus disposerait ainsi cette année d'une somme équivalente à 63 997 globes terrestres en métal précieux. Mais pourquoi diable Joseph et Marie ne se sont-ils pas précipités à la succursale de Bethléem de l'UBS (Union des Banques suisses) ? "

Cet aveuglement mental de la raison géométrique touche particulièrement nos technocrates et le concept d'accroissement exponentiel, c'est à dire proportionnel au niveau déjà atteint, n'est guère assimilé, semble-t-il, par les élèves de l'Ena.

Écrit par : Julia | 29/09/2013

Une coquille : le texte de Serge Latouche commence à : "les objecteurs..."
ce qui précède provient de mon blog et, dans le copier-coller, je me suis un peu empressée (beau processus parallèle avec l'histoire de Natacha !)

Écrit par : Julia | 29/09/2013

Merci Julia, j'adore cette histoire qui me rappelle aussi celle du DRH invité à la symphonie inachevée. D'ailleurs il faudrait que je la poste ! Quand le monde se transforme en chiffre !

j'invite tout le monde à visiter ton blog http://www.julia-rodriguez.com/post/Blogs-et-sites riche et courageux, qui prend souvent le contre pied de la pensée dominante mais toujours avec délicatesse.

Écrit par : Natacha | 23/10/2013

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