Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/03/2015

Management cellulaire, autre histoire d'autonomie

Sogilis, l’humain au centre de ses attentions

Sogilis est une entreprise qui conçoit des applications informatiques. Leur spécificité est dans l’excellence de leur programmation pour offrir à leurs clients un retour sur investissement plus rapide, une maintenance minimum, et des merveilles pour leurs utilisateurs (ex : logiciels embarqués, chirurgie dentaire, ergonomie des sites web…).
Sogilis est une entreprise libérée qui applique un management cellulaire.

Mieux comprendre ce qui anime les dirigeants des entreprises libérées, tel était le but de notre visite ce mardi à Grenoble chez Sogilis. D’abord, on note la facilité du contact, de la prise de rendez-vous. Il y a dès notre arrivée ce sentiment de simplicité, une porte qui s’ouvre, des sourires et un sentiment d’être déjà un peu comme chez soi.
Selon Christophe Baillon, le créateur de Sogilis, la réussite réside dans le « lâcher prise ». Passionné très jeune par le développement, il comprend rapidement après un court séjour dans une SSII, les limites de la logique « court-termiste » et se lance en créant Sogilis. En pratiquant le Lean Software Development, l'entreprise veut lutter contre les coûts du gaspillage informatique.
Un grand compte à l’audace de faire confiance à cette micro-entreprise et le pari est lancé : fournir une application extrêmement sensible et stratégique dans un délai de livraison de rigueur très précis, et ce, sans bug ni réserve après la livraison. Pari gagné, le client est enthousiaste et Sogilis remporte le meilleur score des fournisseurs de ce grand compte, l’aventure peut se poursuivre.
usine_a_gaz.jpgPar quels moyens ce pari technologique a-t-il pu être remporté ? On comprend alors deux choses. La première est une maîtrise parfaite du métier et l’invention d’un processus de test automatisé qui rend improbable l’apparition de bug informatique après la livraison. La seconde est la mise en place de méthodes agiles particulièrement innovantes.
Partant du postulat que « travailler bien fait travailler vite » et avec l’augmentation du nombre de collaborateurs, un mode de travail fluide par équipes appelé « cellules » autonomes est mis en place. Chacun travaille autour de la vision, présente au quotidien. Cette vision que raconte si bien Christophe Baillon est un bijou de simplicité :
- enthousiasmer le client, le satisfaire n’est pas suffisant,
- prendre du plaisir, être passionné par son métier et heureux de venir travailler le matin,
- être rentable, chacun doit contribuer au chiffre d’affaires et aux charges fixes.

La politique de management est résolument orientée partage, feedback positif, retour d’expérience. L'équipe dirigeante reçoit chaque collaborateur tous les 4 mois pour un entretien individuel, se parler - toujours, mettre des post-it partout pour dire les choses, les partager, les traiter. C’est aussi ce que fait chaque cellule par quinzaine et l’ensemble des collaborateurs mensuellement.

Contrairement aux SSII classiques où la commande est prise en fonction des exigences du client sans complètement tenir compte des contraintes techniques internes, chez Sogilis une commande n’est acceptée qu’avec l’accord des équipes techniques de façon à pleinement respecter les spécifications et les délais et confronter la commande à la vision.
Respecter ses engagements, assurer un niveau de qualité optimale et en même temps, donner à chacun du temps pour qu’il puisse développer ses propres projets, c’est ce à quoi veille Christophe Baillon.
D'ailleurs, que disent les salariés de Sogilis ? Ils aiment leur autonomie, l’écoute, la confiance, le travail conforme à la vision partagée, vision qu’ils connaissent tous très bien. Toujours motivés après un an, deux ans ou plus chez Sogilis, ils y répondent par l’affirmative. Pourquoi pourrait-il en être autrement d’ailleurs se questionnent-ils, les projets sont passionnants, et ils s’y sentent très heureux. Chacun dispose d’un budget qu’il peut librement affecter selon ses aspirations, livres, formation, ordinateur ou encore le donner à un de ses collèges. Le télétravail est encouragé.
Entraide, collaboration, esprit d’équipe, tout y est. On a pourtant cherché la faille, la dissonance, le hiatus, en vain. Les limites de ce système horizontal, c’est qu’il n’y a pas de perspectives verticales de carrière. Pour ceux qui aimeraient être chef, Sogilis n’est pas le bon endroit.
Quitter Sogilis ? Seul un collaborateur interrogé imagine partir pour développer son projet personnel, il le fait d’ailleurs avec le soutien de Sogilis qui lui donne le temps nécessaire pour travailler son projet de start-up. Le porteur de projet souhaite réutiliser le modèle de Sogilis pour le management, l’organisation, le professionnalisme technique.

Carole Laubry et Natacha Rozentalis
Pour MOM 21 www.mom21.org
Janvier 2015

22/03/2014

Les artisans de la libération des entreprises

Nous sommes nombreux à partager l'idée qu'une organisation basée sur la confiance est plus efficace et surtout plus épanouissante que celle classiquement basée sur le contrôle ou l'hyper-individualisme.

Pourtant c'est une idée pas toujours facile à défendre. Même si les acteurs de l'entreprise sont d'accord avec cela, ils peuvent se sentir dans l'impuissance pour sortir du système pyramidal, divisé et centralisé de l'histoire dominante.

Certains patrons pourtant se lancent, inventent, expérimentent et avec eux des consultants et des coachs. L'association MOM 21 (Mouvement pour l'Organisation et le Management du XXIéme siècle) dont je fais partie, regroupe des artisans de cette libération.

"Bienvenus à ceux qui pensent que l’époque du contrôle et de la méfiance doit laisser la place à celle de la responsabilisation et de la confiance. Que tout cela ne s’improvise pas mais s’organise. C’est notre raison d’être d’y contribuer dans tous les domaines et avec toutes les compétences".

http://www.mom21.org

Unknown.jpeg

10/04/2013

La 3éme révolution industrielle

Le dernier livre de Jeremy Rifkin propose un nouveau récit d'une 3éme révolution industrielle organisée en 5 piliers.
Cette révolution ambitionne le passage de l’organisation verticale traditionnelle de la société fondée sur l’énergie fossile, pour une société fondée sur des relations distribuées et coopératives dans l’ère industrielle verte émergente. Fornybar_energi.jpg
Voici les 5 piliers de la révolution industrielle qui nécessitent d’être mis en place simultanément et toujours ensemble.
1– Changer l’énergie pour de l’énergie renouvelable
2- Transformer le parc immobilier en micro centrales énergétiques qui collectent sur site des énergies renouvelables
3 – Conserver et stocker l’énergie renouvelable grâce à l’hydrogène qui est l’énergie la plus répandue. Stockage dans chaque immeuble et dans l’ensemble des infrastructures.
4- Utiliser la technologie d’Internet pour transformer le réseau électrique de tous les continents en réseau de partage de l’énergie au niveau local.
5- Passer aux véhicules électriques (rechargeable ou à pile à combustible).

Rifkin nous dit que nous ne sommes pas dans une crise économique mais dans une crise énergétique. Ces 5 piliers permettent de passer de la centralisation à la latéralisation c’est-à-dire à une nouvelle organisation autour des énergies renouvelables qui permettent l’autonomie locale.
La civilisation évolue lorsqu’on change de façon d’utiliser l’énergie et la communication. En sortant des énergies fossiles (pétrole, gaz) et du nucléaire cartésien qui ne permettent pas de produire local, les Etats peuvent échapper à la logique de guerre et de domination des pays possédants de l’énergie dans laquelle ils sont inscrits pour contrôler les sources d’approvisionnement. Ainsi, la démocratisation de l’énergie menace l’ordre établi de l’énergie centralisée, remet en question le paradigme du pouvoir.
L’énergie produite en local, dans chaque maison ou quartier, c’est plus simple et cela nous donne l’occasion de sortir de ce problème de domination et aussi de domestication de l’homme par l’homme.
C’est pour cela que c’est si difficile pour nos gouvernants d’organiser ce changement de paradigme qui se passe aussi dans notre esprit pour une civilisation plus collaborative est plus empathique.

Encore une démonstration que le médicament à la complexité et à nos enjeux de survie est aussi un poison pour notre système actuel.

Notre espoir tient dans la nouvelle génération d’humain de l’Internet qui ne pensent pas gauche/droite ou capitalisme/socialisme, mais organisation centralisée ou ouverte et collaborative.