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30/11/2015

Un pour tous, tous pour un !


Unknown.jpegPetits actes de Rébellion. Ces instants de bravoure qui font changer le monde.

Ed Amnesty internationale Ecrit par Steve Crawshaw et John Jackson


Petits actes de Rébellion rend hommage aux actes de bravoure des gens ordinaires, à ce qu’ils sont capables d’accomplir lorsqu’ils prennent la décision de vivre dans la vérité, la justice et la dignité.

En 90 histoires, de la Birmanie à l’Iran, de l’Afghanistan au Zimbabwe, en passant par l’Europe, le livre honore tous ceux qui ont refusé d’être réduits au silence et qui démontrent qu’il est possible de faire tomber des dictateurs, de changer des lois injustes et de redonner de l’humanité malgré ceux qui voulaient les en priver.

« Les héros de ces histoires conçoivent l’impossible comme un possible qui n’a simplement pas encore eu lieu ».

Il y a des rébellions où l’union fait la force.
Comme en Pologne dans les années 80 au moment de la montée en puissance de Solidarnosc, les polonais ont décidé de boycotter le journal télévisé qui tenait plus du film de fiction que d’un bulletin d’information. Les habitants de Swidicnik, chaque soir de 1982 sortaient prendre l’air à l’heure du journal. Les rues de la ville s’emplissaient d’une foule animée. Certains plaçaient ostensiblement le téléviseur sur leur fenêtre, d’autres les descendaient dans une poussette ou une brouette pour les emmener en balade.
Un des buts d’une dictature est d’isoler les gens, cette initiative a brisé cet isolement et la balade des TV s’est répandue dans d’autres villes de Pologne permettant rapidement à Solidarnosc de négocier avec le gouvernement.

Il y a les rebellions « seuls envers et contre tous », comme celle de la journaliste soudanaise Loubna Husseini inculpée en 2009 pour s’être vêtue d’un pantalon pour aller au café. Elle refusa de plaider coupable et aussi la proposition de remplacer la peine de prison par une amende. Elle se présenta au procès en pantalon et demanda qu’on lui montre où cette interdiction est écrite dans le Coran.

Et aussi Raphael Lemkin, cet étudiant en droit juif polonais de 21 ans qui trouvait injuste que tuer un homme soit un crime, mais que ce n’en était pas un lorsqu'un oppresseur tuait des milliers ou des millions d’hommes. Il lui fallut plus de 20 ans, mais grâce à son extraordinaire détermination, il réussit en 1948 à faire adopter par l‘ONU un nouveau mot, celui de génocide.

Il y a les rebellions par l’humour.
Toujours en Pologne, dans les années 80, le groupe « alternative orange » organisait des manifestations « en faveur » du communisme lors desquelles les participants exhibaient des banderoles à la gloire de la police, glorifiant son zèle et son efficacité et jetaient des fleurs sur leurs voitures, rendant ainsi impossible toute riposte du gouvernement sans risquer de se ridiculiser.

Il y a les rebellions par dénonciation.
Celles des tricheries électorales, comme en Ingouchie petite république du sud de la fédération de Russie. Les résultats des élections de 2007 annoncaient que 98% de la population avait voté en faveur du parti pro-Moscou de Ziazikov, une campagne de protestation fut lancée par les citoyens. Sous les banderoles « je n’ai pas voté » les personnes inscrivaient leur nom. Plus de la moitié du pays pris part à cette action, révélant ainsi l’absurdité des résultats.

Il y a les dénonciations des puissants, les Etats, les multinationales. En 1993, Katie Redford étudiante de 25 ans dénonça les conditions d’installation du gazoduc d’Unocal en Birmanie et obtint réparation pour les villageois. Aujourd’hui encore avec son mari Ka Hsaw Wa, elle continue à mettre en lumière les violations des droits de l’Homme par les multinationales pour les obliger à assumer leurs responsabilités.

Beaucoup de ces rebelles sont des femmes. Des femmes qui disent NON.
Comme ces héroïnes du Libéria qui manifestèrent pacifiquement contre les terribles exactions des milices gouvernementales et réussirent à ramener la paix et à faire inculper Charles Taylor de crime contre l’humanité.

Il y a les héros «témoins » comme Zhao Zihang ancien Secrétaire Général du Parti Communiste chinois qui fut mis en résidence surveillée après s’être opposé au massacre de 1989 place Tiananmen et qui publia un livre posthume pour révéler l’ampleur du massacre de jour noir à la population, laissée dans une totale désinformation.

Il y a aussi les rebelles qui utilisent leur pouvoir institutionnel ou leur profession, comme Raoul Wallenberb, un diplomate Suédois qui sauva des dizaines de milliers de juifs à Budapest pendant la seconde guerre mondiale avant de se faire arrêter par les Russes et de disparaître à jamais.
Carl Lutz, un diplomate suisse qui réussit à sauver 60 000 juifs à Budapest en 1944 en créant un faux service de l’émigration au sein de la délégation suisse.
Et aussi Paul Rusesabagina, directeur de l’hôtel des mille collines au Rwanda qui sauva 1268 hommes femmes et enfants tutsis de la folie des assassins hutus qui massacrèrent 800 000 personnes en seulement 3 mois.

images copie 3.jpegIl y a les rebellions par le sport, par les arts, le chant, la musique, celles facilitées par internet.
Pas besoin de beaucoup de moyens. Chaque rebelle fait avec ce qu’il a. Et ce qui est considéré comme irréalisable fini par advenir.

La peur des conséquences, pas seulement celle de la pression mais également celle du ridicule, de l’échec, empêche d’agir. Mais dès que cette peur est mise de côté ne serait-ce que pour un instant, alors apparaissent des possibilités auparavant inconcevables.
Chaque jour de par le monde, les personnes ayant souffert commencent avoir moins peur. Et celles qui ont fait souffrir ont de plus en plus peur des renversements qui pourraient survenir.

Ces petits actes demandent un courage extraordinaire, beaucoup ont risqué leur vie, leur santé, leur liberté. Nombre d’entre eux sont oubliés, leurs noms ne sont pas dans les livres d’histoire.
Pourtant, "leurs actions ont fait faire vaciller l’inébranlable, changer l’immuable».

Le livre nous rappelle le miracle de Leipzig dans l’ex Allemagne de l’Est qui laissait présager la fin du mur de Berlin qui tomba un mois plus tard le 9 octobre 1989 et la réunification allemande qui eu lieu l’année suivante. Les évènements qui secouèrent l’Europe de l’est en 1989 ne furent pas le fait des 2 superpuissances de l’époque mais avant tout celui des gens ordinaires.

Grâce aux cris de révolte de quelques anonymes, à leurs gestes désespérés venant des 4 coins du monde, grâce à la résistance d’une poignée d’individus, des abus ont été reconnus, des lois ont changé, des guerres se sont arrêtées, des mentalités ont évolué.

Ce texte nous rappelle que l’esprit peut briser les chaînes.

Chacun de nous détient une part de ce pouvoir.

Post publié en septembre 2014 sur ce blog

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30/10/2015

L'entreprise organique

Dans une entreprise qui fabrique des produits en masse bien standardisés avec des processus linéaires, des collaborateurs peu qualifiés, une règlementation stable et un carnet de commande fiable pour 5 ans, l’entreprise classique basée sur l’intelligence pyramidale est très performante.
Par contre dans un environnement instable rapide et incertain, l’adaptation est un enjeu, alors l’intelligence pyramidale n’est plus adaptée, on ne peut plus fonctionner en silo, la survie est dans l’agilité du réseau et l’intelligence organique.
iu.jpegCertaines entreprises que l’on nomme libérées le sont. Il s’agit d’une libération du taylorisme et de la bureaucratie, une libération des intelligences.
Dire que la solution est la suppression du management intermédiaire est une idée de la pensée dominante mécaniste qui fonctionne selon la règle : un problème = une solution.
Il peut être utile de le faire mais ce n’est en rien systématique, tout dépend du besoin de cet organisme et aussi de la fonction que l’organe « manager intermédiaire » tient dans l’écosystème «entreprise ».
Si la hiérarchie est au service de la création de valeur, ça marche, si la hiérarchie est au service de la conservation du système pyramidal, cela provoque un épuisement des forces vives. C’est dans ces situations où l’on entend les collaborateurs dire aux cadres « Mais laissez nous bosser » !


Pour aller plus loin c’est même le modèle de compétition qui devient un problème, à long terme la coopération est plus performante (voir modèles de la théorie des jeux).

02/03/2015

Management cellulaire, autre histoire d'autonomie

Sogilis, l’humain au centre de ses attentions

Sogilis est une entreprise qui conçoit des applications informatiques. Leur spécificité est dans l’excellence de leur programmation pour offrir à leurs clients un retour sur investissement plus rapide, une maintenance minimum, et des merveilles pour leurs utilisateurs (ex : logiciels embarqués, chirurgie dentaire, ergonomie des sites web…).
Sogilis est une entreprise libérée qui applique un management cellulaire.

Mieux comprendre ce qui anime les dirigeants des entreprises libérées, tel était le but de notre visite ce mardi à Grenoble chez Sogilis. D’abord, on note la facilité du contact, de la prise de rendez-vous. Il y a dès notre arrivée ce sentiment de simplicité, une porte qui s’ouvre, des sourires et un sentiment d’être déjà un peu comme chez soi.
Selon Christophe Baillon, le créateur de Sogilis, la réussite réside dans le « lâcher prise ». Passionné très jeune par le développement, il comprend rapidement après un court séjour dans une SSII, les limites de la logique « court-termiste » et se lance en créant Sogilis. En pratiquant le Lean Software Development, l'entreprise veut lutter contre les coûts du gaspillage informatique.
Un grand compte à l’audace de faire confiance à cette micro-entreprise et le pari est lancé : fournir une application extrêmement sensible et stratégique dans un délai de livraison de rigueur très précis, et ce, sans bug ni réserve après la livraison. Pari gagné, le client est enthousiaste et Sogilis remporte le meilleur score des fournisseurs de ce grand compte, l’aventure peut se poursuivre.
usine_a_gaz.jpgPar quels moyens ce pari technologique a-t-il pu être remporté ? On comprend alors deux choses. La première est une maîtrise parfaite du métier et l’invention d’un processus de test automatisé qui rend improbable l’apparition de bug informatique après la livraison. La seconde est la mise en place de méthodes agiles particulièrement innovantes.
Partant du postulat que « travailler bien fait travailler vite » et avec l’augmentation du nombre de collaborateurs, un mode de travail fluide par équipes appelé « cellules » autonomes est mis en place. Chacun travaille autour de la vision, présente au quotidien. Cette vision que raconte si bien Christophe Baillon est un bijou de simplicité :
- enthousiasmer le client, le satisfaire n’est pas suffisant,
- prendre du plaisir, être passionné par son métier et heureux de venir travailler le matin,
- être rentable, chacun doit contribuer au chiffre d’affaires et aux charges fixes.

La politique de management est résolument orientée partage, feedback positif, retour d’expérience. L'équipe dirigeante reçoit chaque collaborateur tous les 4 mois pour un entretien individuel, se parler - toujours, mettre des post-it partout pour dire les choses, les partager, les traiter. C’est aussi ce que fait chaque cellule par quinzaine et l’ensemble des collaborateurs mensuellement.

Contrairement aux SSII classiques où la commande est prise en fonction des exigences du client sans complètement tenir compte des contraintes techniques internes, chez Sogilis une commande n’est acceptée qu’avec l’accord des équipes techniques de façon à pleinement respecter les spécifications et les délais et confronter la commande à la vision.
Respecter ses engagements, assurer un niveau de qualité optimale et en même temps, donner à chacun du temps pour qu’il puisse développer ses propres projets, c’est ce à quoi veille Christophe Baillon.
D'ailleurs, que disent les salariés de Sogilis ? Ils aiment leur autonomie, l’écoute, la confiance, le travail conforme à la vision partagée, vision qu’ils connaissent tous très bien. Toujours motivés après un an, deux ans ou plus chez Sogilis, ils y répondent par l’affirmative. Pourquoi pourrait-il en être autrement d’ailleurs se questionnent-ils, les projets sont passionnants, et ils s’y sentent très heureux. Chacun dispose d’un budget qu’il peut librement affecter selon ses aspirations, livres, formation, ordinateur ou encore le donner à un de ses collèges. Le télétravail est encouragé.
Entraide, collaboration, esprit d’équipe, tout y est. On a pourtant cherché la faille, la dissonance, le hiatus, en vain. Les limites de ce système horizontal, c’est qu’il n’y a pas de perspectives verticales de carrière. Pour ceux qui aimeraient être chef, Sogilis n’est pas le bon endroit.
Quitter Sogilis ? Seul un collaborateur interrogé imagine partir pour développer son projet personnel, il le fait d’ailleurs avec le soutien de Sogilis qui lui donne le temps nécessaire pour travailler son projet de start-up. Le porteur de projet souhaite réutiliser le modèle de Sogilis pour le management, l’organisation, le professionnalisme technique.

Carole Laubry et Natacha Rozentalis
Pour MOM 21 www.mom21.org
Janvier 2015