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23/11/2012

Nuances de gris

L’anthropologue Margaret Mead, exprimait sa crainte qu’en glissant vers un monde plus homogène, nous ne soyons en train de jeter les bases d’une culture moderne générique et informe qui n’aurait pas de concurrente. Elle redoutait que l’imagination humaine ne soit contenue à l’intérieur des limites d’une unique modalité intellectuelle et spirituelle.


1242740145_Bloc_beton_Chanvre_2OOx150pi.jpg Son cauchemar se réalise, chaque année, des milliers de peuples disparaissent et avec eux toute la richesse de leur culture, de leur langue et de leur histoire. Notre civilisation persécute tout autre vision du monde et contraint les cultures différentes au mieux à s’accommoder des obligations de la modernité (Etat, propriété, impôts, enseignements public…) qui détruit les fondamentaux culturels et au pire à leur disparition par la destruction de leur lieu et mode de vie.

Je m’interroge alors sur le devenir d’une civilisation nouvelle qui émergerait de celle que nous connaissons aujourd’hui. Sera t-elle en mesure d’accueillir la biodiversité humaine et culturelle ? Celles des cultures et communautés anciennes et celles nouvelles qui se créent chaque jour sur Terre ?

C’est un défi que nous devons relever. Respecter la biodiversité humaine c’est s’offrir la possibilité d’accueillir les capacités des sociétés traditionnelles à vivre dans le flux du monde sans le contraindre tout en préservant l’incroyable compétence de mouvement permanent et d’invention qui caractérise notre civilisation moderne.
Cet équilibre pourra se trouver dans un changement radical de posture, par un passage où l’Homme ne conçoit plus le monde comme un supermarché géant à exploiter mais se met, au contraire, à son service en lui offrant son intelligence de pensée et de création, pour trouver enfin une place utile qui profite à la Vie et à l’accomplissement humain.

Commentaires

Lorsque les Anglais sont arrivés en Australie, il y avait 5000 à 6000 systèmes juridiques coutumiers pour régler les différends qui apparaissaient dans les communautés.Les Anglais ont fait en sorte d'imposer un seul système juridique, celui de leur loi écrite. Mais à l'époque, il n'existait pas d'autre possibilité de partager de l'information que soit le modèle écrit officiel, interdit aux communautés locales, ou la transmission orale, narrative et poétique, qu'elles ne se sont pas privées d'utiliser. Aujourd'hui, au fur et à mesure que d'anciennes cultures locales disparaissent comme tu le dénonces à juste titre -et rien ne remplace leurs sagesses de vie-, de nouvelles cultures locales naissent à grande vitesse dans les arcanes de la toile. Nous faisons d'ores et déjà, vraisemblablement trop partie du vieux monde et de la vieille pensée pour avoir les références culturelles et les moyens de comprendre l'ensemble de ces communautés.Mais elles existent, elles se développent, et je crois qu'on peut leur faire (raisonnablement) confiance.

Écrit par : Pierre | 25/11/2012

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