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La vie quotidienne est devenue un océan d’exigences. Hartmut Rosa – Théorie critique de l’accélération. (2)

Notre corps et notre psychisme sont surchargés par le temps rapide de la société.
L’accélération ne nous laisse pas le temps de l’innovation et de l’adaptation créative.
Hartmut Rosa s’interroge sur un paradoxe moderne.

Sur le plan moral et éthique, l’Homme moderne se sent « libre » à un degré sans précèdent. Personne ne lui dit quoi faire, quoi croire, comment vivre, penser ou aimer ni où vivre et avec qui. Du point de vue de l’idéologie libérale moderne ainsi que de la façon dont les individus se perçoivent, il semble qu’il n’y a virtuellement pas de normes sociales, religieuses ou culturelles. Il existe une grande pluralité de conceptions de la vie bonne et une considérable liberté de choix parmi ces myriades d’options dans toutes les sphères de la vie.
Alors comment cela est possible ? Comment pouvons-nous être complétement libres et pourtant excessivement régulés et synchronisés ?
C’est que sous la perception libérale de liberté il y a une prise de conscience sociale qui va dans la direction opposée.

Alors que les individus se sentent eux-mêmes libres, ils se sentent également dominés par une série d’exigences sociales excessives et en constante augmentation. L’Homme moderne a intégré la rhétorique du « devoir » qui légitime tout ce qu’il fait. « Je dois vraiment aller travailler, je dois vraiment faire ma déclaration d’impôt, je dois vraiment prendre soin de mon corps, je dois apprendre l’anglais, je dois mettre à jour ce logiciel, je dois m’informer, je dois me relaxer, me calmer, me reposer... » la liste est illimitée.
La vie quotidienne est devenue un océan d’exigences.
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Le jeu d’accélération mis en branle par la compétition nous maintient tels des hamsters dans une roue en constante accélération. Pour coordonner tout cela, de longues chaines d’interdépendances parviennent à faire tenir l’ensemble par la mise en place de rigoureuses normes temporelles, par la domination des horaires et des délais imposés, par le pouvoir de l’urgence et de l’immédiateté, par la logique de la gratification et de la réaction instantanée. Ces normes engendrent des sujets de culpabilité : à la fin de la journée nous nous sentons coupable de ne pas avoir répondu aux attentes car nous ne sommes virtuellement jamais capables d’arriver à la fin de notre liste de choses à faire.

C’est le pouvoir silencieux du temps, déjà décrit par TH Hall. Le défi est d’apprendre à nos clients à accepter le fait qu’ils ne sont pas en capacité de diminuer la liste des tâches à accomplir, ni d’arriver à traiter l’intégralité de leur messagerie, que c’est normal et sain.
Selon Hartmut Rosa, nous avons blâmé les Églises pour la charge de culpabilité portée sur les fidèles, mais cette nouvelle norme du temps l’est tout autant sans offrir en échange de message d’espoir et de soulagement. Tout au contraire, la norme du temps, contredit la promesse de la modernité qui est celle de la réflexivité (capacité à pouvoir réfléchir sur soi-même) et de l’autonomie.

A suivre….

Résumé des idées du livre de Hartmut Rosa «l ‘accélération »

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