UA-110137006-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

anthropologie - Page 9

  • Il y a des bizarres…

    Décidemment, le monde devient bizarre.

    Regardez les symboles de ceux qui s’inscrivent dans la mutation sociétale. Fini les lions, les aigles et autres prédateurs.
    Voici venir l'air de rien, les animaux anti héros.
    Colibri tout petit oiseau qui fait sa part, rapide et agile même en arrière. Très pratique pour prendre du recul. Les grenouilles bondissantes. L'escargot lent et glissant sa maison sur le dos, il chante sous la pluie son autonomie.
    Des feuilles plutôt que des arbres, reliées et en mouvement, éphémères.

    Notre belle Terre apparaît partout, comme signe de globalité, d'universalité, et je l’espère, de conscience de nos responsabilités.
    Et tout ce qui ressemble à du réseau , signe de nos interconnexions.

    2.jpg

    Parmi ces choses bizarres, voilà aussi que les héritiers des peuples des forêts d’Amérique du sud nous apportent des messages incongrus.

    Les bizarres d’Equateur qui renoncent à faire des $€$ avec leur pétrole pour préserver l’héritage de leurs descendants et la biodiversité. Ils demandent des contreparties aux Etat polluants et cela semble marcher. *1.

    Les bizarres du Venezuela qui inscrivent dans leur constitution l’engagement de l’Etat à la protection du Vivant et aussi la Loi sur les terres, permettant aux petits paysans de récupérer les terres inutilisées possédées par les latifundistes. La Loi sur la Pêche, protégeant les zones côtières contre la pêche intensive afin de favoriser les petits pêcheurs et de protéger la biodiversité ... *2

    Ceux de Bolivie qui « constitutionnent » également la protection des ressources contre les pilleurs de tous poils. Qui revendiquent le bien vivre sur la Terre Mère et osent l'alliance entre les sociétés traditionnelles et occidentales *3

    Les héritiers des traditions amérindiennes nous montreraient-ils des chemins possibles de progrès ? Même si la réalité n’est jamais celle écrite sur le papier, l’intention existe et ils agissent concrètement pour honorer leur Histoire, leur Terre et leurs valeurs.

    J'espère que de nombreux actes de résistance comme Yasumi ITT fleuriront pour rendre hommage aux souffrances et au courage des peuples indigènes décimés par la modernité.


    ——————————————————————————————————————————————Notes

    * 1 L’équateur propose de renoncer à exploiter les gisements de pétrole qui sont dans le parc ITT Yasuni « Laissons le pétrole sous terre dans le parc Yasuni ! » c’est le projet ITT Yasumi (initiales des 3 forages du parc). http://yasuni-itt.gob.ec
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/08/12/une-alternative-post-copenhague-l-initiative-yasuni-itt-en-equateur_1397991_3232.html


    * 2
    Article 127. C'est un droit et un devoir de chaque génération de protéger et maintenir l'environnement à son profit et à celui du monde futur. Toute personne a un droit individuel et collectif à jouir d'une vie et à un environnement sur, sain et écologiquement équilibré. L'Etat protégera l'environnement, la diversité biologique, génétique, les processus écologiques, les parcs nationaux et monuments naturels et les diverses zones d'une importance spéciale pour l'écologie. Le génome des êtres vivant ne pourra pas être breveté, et la loi qui porte référence aux principes bio-éthiques réglementera la matière.
    C'est une obligation fondamentale de l'Etat, avec l'active participation de la société, de garantir que la population puisse se mouvoir dans un environnement libre de contamination, où l'air, l'eau, les sols, les côtes, le climat, la couche d'ozone, les espèces vivantes, soient particulièrement protégés, en conformité avec la loi.
    Tout un chapitre de la constitution vénézuélienne est consacré à la question de la terre. Ainsi, la petite propriété, qui sera indivisible jusqu’à une surface minimale définie selon son emplacement géographique (art 399), ne sera pas soumise à l’impôt sur la propriété agraire (art 394-II). Mais la question épineuse porte évidemment sur la grande propriété. Si le texte précise que « le travail est la source fondamentale pour l’acquisition et la conservation de la propriété de la terre » (art 397-I) les propriétaires de terres ne pourront conserver leur bien seulement si celle-ci exerce une fonction sociale. Qu’entend-on par fonction sociale ? Pour l’accomplir, le propriétaire devra fournir ses terres à des personnes de telle sorte qu’elle constitue « la source de subsistance, de bien-être et de développement » (art 397-II) de ceux qui la travaillent. Que se passe-t-il s’il n’en est pas ainsi. La constitution prévoit tout simplement que la terre soit redistribuée (art 400). Pour autant le latifundio sera bel et bien interdit, même si, aujourd’hui, la surface pour le définir reste encore a être choisi entre 5000 et 10000 hectares (art 398).

    * 3 Seront considérés comme traître à la patrie, ceux qui réaliseront « l’aliénation des ressources naturelles propriété de l’état bolivien en faveur d’entreprises, de personnes ou d’états étrangers » (art 125-I-2). Ce renforcement de la souveraineté économique national se fera aussi au niveau international puisque l’Etat ne se laissera imposer quoi que ce soit « de la part d’états, de banques ou d’institutions financières boliviennes ou étrangères, ni d’entreprises transnationales » (art 320-IV). On a pu déjà voir un aspect de cette politique le 2 mai 2007 lorsque la Bolivie a quitté le CIRDI (Centre international de règlement des différends liés à l’investissement) avec lequel elle se trouvait en conflit. On retrouve donc, encore une fois, le fruit des luttes du passé, notamment aux guerres de l’eau et du gaz auxquelles la constitution faite explicitement référence dans son préambule.

  • Redevenir auteur de sa vie *

    * terme emprunté à la pratique narrative


    La mutation de la société glisse sur notre civilisation et se développe à sa marge.
    Quelle forme prendra t-elle ? nul ne le sait, ces changements sont imprévisibles.Tout peut être imaginé et c’est sûrement encore autre chose qui arrivera.

    Chaque jour, nous pouvons sentir les bruissements du monde, les vents obliques, les enthousiasmes nouveaux, les pensées marginales, et surtout les actions qui en découlent.

    Le nouveau monde se crée autour de la connaissance, de l’immatériel et de la vie intérieure. Il s’appuie sur la frugalité et l’accomplissement de soi. Il redécouvre la lenteur, la relocalisation, la coopération.

    Partout fleurissent des initiatives joyeuses et responsables: le mouvement des villes lentes (né en Italie), celui des villes de transition (né en GB et Irlande), les monnaies libres, les clubs d’épargne solidaires, les objecteurs de croissance, la simplicité volontaire, les jardins partagés, les économies solidaires, les logiciels libres, les copyleft, et plein d’autres encore.
    parfois la cohabition des deux mondes produit des transgressions: désobéissances civiles, guérillas jardinière etc

    Je ne prendrais pas le risque de croire que ce sont des mouvements sans importance. Même s’ils sont discrets et ne cherchent pas à se faire remarquer. Même si ce sont des initiatives individuelles ou en petits groupes sans lien entre elles, pas organisées. Ces bricolages désordonnés détiennent les germes d’une société parallèle en dehors de la vie marchande, de la vie au travail salarié, de la vie institutionnelle.

    Par exemple, JF Noubel a fait vœu de richesse. Il utilise désormais des monnaies libres, un système qui résiste à la logique de rareté et d'accumulation (l’argent va à l’argent) des monnaies officielles, pour recréer de la diversité, de l'abondance et une conception plus étendue de la richesse.

    Les entreprises aussi vivent la mutation des destins. Les valeurs clefs sont autonomie, réseaux, talent, qualité, sur mesure, responsabilité planétaire. De plus en plus de créateurs mettent l’amour du métier et le sens de l’action avant la recherche du profit. Cela débouche sur des managements bien différents, une créativité débordante pour imaginer les voies de la coopération avec leurs clients, leurs collaborateurs, leurs fournisseurs.

    Toutes ces aventures visent à laisser le passage à la vie, pour qu'elle s'écoule au delà des remparts de la modernité. Et surtout, ce qui explique l'incroyable diversité des initiatives, il s'agit de redevenir auteur de sa vie. Sortir des diktats, qu’ils viennent des Etats, des normes sociales, des marchés financiers, des pressions professionnelles.

    Je sens monter cette volonté dans la société comme la sève monte dans la tige et passe au travers du béton.

    Le réel c'est l'histoire que nous construisons du monde. C'est ce qui me passionne dans mon métier d’accompagnante. C’est pour cela que je me forme à la pratique narrative car la philosophie de cette démarche est de redevenir auteur de sa vie.
    Que ce soient les personnes, les équipes, les organisations, il s'agit de façonner sa liberté pour redonner du sens et de la cohérence à l’existence.
    D'épaissir son histoire préférée pour redevenir auteur de sa vie.

    P1000780.JPG
    Voici quelques liens des références citées dans l’article et surtout merci de me faire part des initiatives que vous connaissez.

    www.thetransitioner.org
    www.slowfood.fr
    http://www.cittaslow.net
    www.villesentransition.net
    http://www.cooprh.com/pratiques-narratives

  • Quel avenir pour l’idée de la noosphère ?

    Comme toutes les idées, intuitions, visions, l’on peut se demander quel sera son avenir ?
    La noosphère propose une idée « visuelle » d’un passage de la société moderne à la société de la connaissance. C’est donc de l’idée même de ce passage qu’il s’agit. (cf: note précédente "vivre en avant")
    Quel avenir pour la révolution noétique (Idée développée par Marc Halévy) ?
    Va t-elle s’effriter et mourir ?
    Vivoter de façon marginale ?
    Va t-elle éclairer les siècles à venir ?
    Ou bien s’imposer à nous comme une réalité ?
    D’ailleurs, est-ce juste une idée ou une réalité encore peu identifiable ?
    L’avenir nous le dira.
    1020820830aurore-boreal.jpg
    Pourtant cette idée fait son chemin, développée entre les 2 guerres, contestée et mise de côté, elle reprend force grâce à Internet.
    Cette idée vit sous de multiples formes depuis 5000 ans, et inspire spiritualités et philosophies de nombreuses écoles.
    Dans les films Inception et Matrix, elle germe dans une version hollywoodienne.
    Il y a aujourd’hui une remise en question profonde et durable de notre modèle de vie, de la responsabilité humaine, du sens des existences. Il y a une telle quête de sens chez les hommes qu’il semble improbable que nous ne fassions seulement dans l’avenir qu’un peu plus de la même chose.
    Le passage noétique est l’invitation à une autre conception de vie. C’est la recherche du plus être, plutôt que du bien-être.
    De ce fait, notre quotidien dans l’actuel paradigme ressemble davantage à une agitation généralisée du monde qu’à des actes vraiment utiles à notre accomplissement.
    Si cette idée de noosphère et de mutation noétique vit, comment se déploiera t-elle ? Par généralisation ou par scission ?
    D’un côté ceux, nombreux, qui se préoccupent du comment sortir de la crise pour produire plus et consommer plus et cherchent toutes les offrandes possibles pour servir le totem de la croissance et des bulles spéculatives.
    Plus avant, d’autres imaginent des voies de devenir pour l’homme. Ils pressentent que, ce que les modernistes (ceux de la société moderne actuelle) appellent la crise, n’est qu’un soubresaut de plus d’une agonie annoncée.
    Pour cela, mille voies sont explorées Chacun avec sa créativité et ce qu’il est. Ils se mettent au service pour l’émergence de cette sphère pensante (connaissance et conscience) et de la Terre souffrante (frugalité et responsabilité). Mais ce chemin est toujours celui d’une exploration de soi, un travail d’intériorité pour faire progresser notre conscience. Cette révolution prend sa source dans l’évolution de chacun en tant que personne. Chaque être est unique, précieux et mystérieux et chaque être peut déployer son talent qu’il soit manuel, intellectuel, artistique, relationnel.

    L’invitation noétique c’est aussi sortir de la domestication de la société mécaniste que nous avons créé. Sortir de la rationalisation pour réapprendre à utiliser nos 2 cerveaux et nos autres capacités endormies. La société moderne n’est alors qu’une étape. Cette étape se termine car elle ne nous permet plus aujourd’hui de prendre soin de la planète qui est notre maison et elle ne nous permet pas suffisamment d’évoluer individuellement et collectivement.

    Nous ne savons pas ce qu’il sera mais j’aime l’idée que nous sommes chacun responsables de son devenir, c’est déjà une liberté dont il faut prendre soin.
    Le résultat nos recherches personnelles inspire alors profondément le choix de nos actions.

    Cela peut être d’avoir l’ambition de vouloir faire son métier le mieux possible et de servir une finalité qui a du sens. Il y a des entreprises qui sont dans cette philosophie, le profit est alors une conséquence de leur excellence et de leur cohérence et non un but.

    Ce sont par les actions et les paroles que nous distinguons les modernistes des noétiques (qui se retrouvent souvent dans les créatifs culturels). Dans les paroles des médias, chez les acteurs économiques et sociaux, dans notre entourage. En portant notre attention, nous savons s’ils sont modernistes, c’est-à-dire les défenseurs de notre paradigme en déclin ou bien s’ils pensent et agissent déjà autrement. La grande majorité est encore celle des modernistes. Les éclaireurs noétiques sont peu nombreux, ni de droite, ni de gauche.
    Ils sont toujours « en avant ».